Une fois encore, la Régie fédérale des alcools parle de « forte hausse de la consommation » engendrée par l’harmonisation fiscale de 1999. En réalité, si l’on prend les chiffres de consommation exprimée en litre d’alcool pur par habitant, on s’aperçoit que la hausse de consommation entre 1998 et 2005 n’est que de 0,12 litre, c’est-à-dire 12 cl !

Cette quantité représente 1 verre de whisky supplémentaire toutes les 6 semaines. Quelle que soit la manière dont on mesure cette variation, on ne peut à l’évidence la qualifier de « forte » !

Curieusement, la Régie omet de signaler que, durant la même période, la consommation totale de boissons alcoolisées a diminué…

Un examen attentif des chiffres officiels présentés ce jour1 révèle en outre, et c’est plus inquiétant, une méthodologie pour le moins bizarre.

En effet, en annonçant une augmentation de la consommation de spiritueux de 14% entre 1998 et 2005, la Régie base son calcul sur les litres effectifs consommés. Or, ceux-ci regroupent des spiritueux à 40%, des liqueurs ou des vermouths à 15% aussi bien que des premix à 5%. En revanche, en se basant sur des quantités exprimées dans la même unité de mesure, soit des litres à 100% d’alcool par habitant, la variation n’est que de 8,9%.

Comme le disait Benjamin Disraeli, premier ministre de la reine Victoria, il y a « les petits mensonges, les gros mensonges et les statistiques » …


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